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Rabu, 26 Februari 2014

De langue flexionnelle à la syntaxe souple (l'ordre des mots comptant moins pour le sens que pour le


Probus note dans cet exemple plusieurs phénomènes : premièrement la réduction des anciennes diphtongues (ici /au/ devenant /?/, soit o ouvert ; l'on a aussi en latin vulgaire /ae/ donnant /?/, e ouvert, ainsi que /oe/ passant à /e/, e fermé), puis l'utilisation d'une forme de diminutif au lieu de la forme simple (auris « oreille », auricula « petite oreille »). L'utilisation des diminutifs en latin vulgaire est fréquente : ainsi soleil vient de solic(u)lu(m) et non de sol, ou encore genou de genuc(u)lu(m) et non de genu. Enfin, on note l'amuïssement du /u/ bref après une voyelle accentuée : on attendrait oricula. Comme on l'a dit au premier paragraphe, la rencontre de c et l, /kl/, causée par la chute de la voyelle les séparant, donne naissance à une nouvelle consonne, ici un l palatal, conservé en catalan dans orella, devenu /j/ en français mais /x/ en castillan, dans oreja /?rexa/).
Auctor non autor[modifier | modifier le code]
On remarque aussi des réductions de groupes de consonnes ; ainsi, /kt/ passe à /t/, donnant en français auteur, ou autor en castillan et catalan ; de même, /pt/ passe à /t/. C'est le cas dans dom(i)tare devenu domtar puis domptar et enfin dontar. L'insertion d'un /p/ entre /m/ et une occlusive est normale : on parle d'une épenthèse, donnant en français dompter que l'on prononçait /dõte/ avant que l'orthographe n'influence la prononciation, devenant parfois /dõpte/. Autre simplification : /pt/ donne /t/, comme dans comp(u)tare devenu comptare puis compter et conter /kõte/ en français, contar en castillan, etc.
Rivus non rius[modifier | modifier le code]
Rivus non rius, sibilus non sifilus : le son /w/ du latin, noté par la lettre u (ou v dans les éditions modernes) a évolué de manières diverses, soit en s'amuïssant entre voyelles (ri(v)us donnant rio en castillan, pa(v)or donnant peur, italien paura), en devenant une spirante bilabiale sonore (/ß?/, en castillan et catalan) puis se renforçant en /v/ (dans la majorité des langues romanes) ; /p/ et /b/ entre voyelles connaissent le même sort, ce qui explique que sibilus donne sifilus, sachant que /f/ n'est que la variante sourde de /v/ ; ainsi explique-t-on siffler (de sibilare, devenant sifilare puis siflare) ou savoir (de sapere, puis sabere, savere ; le castillan saber montre, par son orthographe, qu'il en est resté au stade /ß?/), etc.
Pridem non pride[modifier | modifier le code]
Dernier exemple, montrant que le /m/ en fin de mots n'est plus prononcé (ce qui est déjà le cas en latin classique : la scansion du vers latin le prouve facilement). Cet amuïssement est, entre autres, à l'origine de la disparition du mécanisme des flexions : les langues romanes, en effet, n'utilisent plus la déclinaison.
Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive ; il faudrait aussi aborder la question de la diphtongaison « panromane » (que toutes les langues romanes ont connue) et signaler que nombre de voyelles ont subi par la suite des diphtongaisons secondaires.
Transformations en profondeur du système morpho-syntaxique[modifier | modifier le code]
Système nominal[modifier | modifier le code]
La chute du /m/ final, consonne que l'on rencontre souvent dans la flexion, crée donc une ambiguïté : Romam se prononçant comme Roma, l'on ne peut savoir si le mot est au nominatif, à l'accusatif ou à l'ablatif. Ainsi, les langues romanes ont dû utiliser des prépositions pour lever l'ambiguïté. Plutôt que dire Roma sum (classique Romæ sum avec un locatif que n'a pas gardé le latin vulgaire) pour « je suis à Rome » ou Roma(m) eo pour je vais à Rome, il a fallu exprimer ces deux phrases par sum in Roma et eo ad Roma. À cet égard, il convient de rappeler que si en latin classique déjà, dès l'époque impériale, le /m/ en fin de mots s'amuïssait, Roma sum et Roma(m) eo ne pouvaient être confondus : à l'ablatif (Roma sum), le /a/ final est long ; il est cependant bref à l'accusatif : ainsi l'on prononçait /roma/ pour le premier, /roma/ pour le second. Le latin vulgaire, toutefois, n'utilise plus le système de quantité vocalique : les deux formes sont d'autant plus ambiguës.
Dans un même mouvement, les adverbes et les prépositions simples sont parfois renforcées : ante, « avant », ne suffit plus ; il faut remonter à ab + ante en vulgaire pour expliquer le français avant, le castillan antes et l'occitan avans, ou bien in ante pour le roumain înainte, etc. ; de même avec provient de apud + hoc, dans de de intus, etc. Le cas limite semble être atteint avec le français aujourd'hui, notion qui se disait simplement hodie en latin classique. Le terme français s'analyse en en + le + jour + de + hui, où hui vient de hodie (qui a donné hoy en castillan, oggi en italien, azi en roumain, uèi en occitan, avui en catalan, hoz en romanche, oûy en wallon, etc.). Le composé agglutiné résultant est donc redondant, puisqu'il signifie mot à mot : « au jour d'aujourd'hui » (qu'on trouve en français familier). Certaines langues conservatrices ont cependant gardé des adverbes et prépositions simples : le castillan et l'italien con, le portugais com et le roumain cu viennent bien de cum « avec », de même que en castillan ou în roumain sont hérités de in. L'on constate le même phénomène avec les mots simples hérités de hodie.
De langue flexionnelle à la syntaxe souple (l'ordre des mots comptant moins pour le sens que pour le style et la mise en relief), le latin vulgaire est devenu un ensemble de langues utilisant nombre de prépositions, dans lesquelles l'ordre des mots est fixe. S'il est théoriquement possible de dire en latin Petrus Paulum amat, amat Petrus Paulum, Paulum Petrus amat ou encore amat Paulum Petrus pour signifier que « Pierre aime Paul », ce n'est plus possible dans les langues romanes, qui ont plus ou moins rapidement abandonné les déclinaisons ; ainsi, en castillan Pedro ama a Pablo et Pablo ama a Pedro ont un sens opposé, seul l'ordre des mots indiquant qui est sujet et qui est objet. Lorsque les langues romanes ont gardé un système de déclinaisons, celui-ci est simplifié et se limite à quelques cas (à l'exception du roumain) : c'est ce qui arrive en ancien français, qui n'en possède que deux, le cas sujet (hérité du nominatif) et le cas régime (venant de l'accusatif), pour tout ce qui n'est pas sujet. En français, toujours, le cas sujet a disparu ; les noms actuels hérités de l'ancien français sont donc presque tous d'anciens cas régime (il y a quelques exceptions, comme ancêtre, peintre, traître, anciens cas sujets, et chandeleur, provenant d'un génitif pluriel latin candelorum) et, partant, d'anciens accusatifs ; on peut le constater avec un exemple simple :
Latin classique

Ditulis Oleh : siro // 06.22
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